Le road trip en Islande, étape par étape.
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Voiture électrique sur la Route 1 en Islande : bornes, froid, vent et étapes à planifier

Sophie Guérin 4 min de lecture

Louer une voiture électrique pour faire le tour de l’Islande par la Route 1 n’a plus rien d’exotique. L’électricité du pays est presque entièrement d’origine renouvelable (hydroélectricité et géothermie), et le réseau de recharge s’est étoffé autour de la route circulaire. Mais un road trip électrique en Islande ne se mène pas comme un trajet sur autoroute en Europe : les distances entre deux villages, le froid et surtout le vent changent la donne. Voici comment préparer les étapes sans finir à 5 % de batterie au milieu d’un désert de lave.

Où les bornes se raréfient sur la Route 1

Le maillage est le plus dense dans le sud-ouest : Reykjavik, la péninsule de Reykjanes, le Cercle d’Or et la côte sud jusqu’à Vík. Les villes-étapes comme Selfoss, Hella, Akureyri ou Egilsstaðir disposent en principe de bornes rapides, souvent installées près des stations-service ou des supermarchés (emplacements exacts à vérifier avant le départ).

Les tronçons qui demandent le plus d’attention sont ceux où les localités sont rares :

  • Entre Vík et Höfn : la traversée des plaines de sable (Mýrdalssandur, Skeiðarársandur) est longue et exposée. Kirkjubæjarklaustur et la zone de Skaftafell sont des points de recharge potentiels (nombre et puissance des bornes à vérifier).
  • Les fjords de l’Est : si la Route 1 coupe par l’intérieur, l’itinéraire côtier allonge les kilomètres et les dénivelés.
  • Entre Egilsstaðir et Mývatn : un plateau d’altitude isolé, froid et venteux, sans véritable village sur le trajet.

Autre point à anticiper : une borne isolée peut être en panne ou occupée. Dans ces zones, ne comptez jamais sur une seule borne.

Froid et vent : l’autonomie réelle n’est pas celle de la fiche technique

Une batterie froide accepte moins bien la charge et restitue moins d’énergie, et le chauffage de l’habitacle consomme lui aussi. L’ampleur de la perte dépend du modèle, de la température et de la présence d’une pompe à chaleur. Aucun pourcentage fiable ne peut être donné ici : à vérifier auprès du loueur pour le modèle précis.

Le vent est le facteur le plus sous-estimé. Un fort vent de face sur la côte sud peut faire grimper la consommation de manière spectaculaire, et les rafales imposent souvent de ralentir, ce qui compense en partie. La pluie, la neige fondue, les routes en gravier et les cols ajoutent leur part. En été, ces effets sont plus faibles mais ne disparaissent pas.

Notez aussi que la recharge rapide est plus lente quand la batterie est froide. Rouler un peu avant de brancher, ou utiliser le préconditionnement si le véhicule le propose, aide à retrouver une puissance correcte.

Planifier les étapes : la méthode qui évite les sueurs froides

  1. Raisonner en autonomie prudente : partez de l’autonomie annoncée, retirez une marge pour la saison et le vent, et ne prévoyez jamais d’arriver sous une réserve confortable.
  2. Repérer deux bornes par tronçon isolé : une principale et une de secours, notées hors ligne (le réseau mobile peut faiblir hors des villages).
  3. Dormir là où l’on peut recharger : un hébergement ou un camping disposant d’une prise ou d’une borne permet de repartir chaque matin batterie pleine. Demandez-le explicitement à la réservation.
  4. Consulter la météo et l’état des routes chaque matin (vedur.is et umferdin.is) : un avis de vent fort justifie de recharger plus tôt ou de raccourcir l’étape.
  5. Vérifier les moyens de paiement : plusieurs opérateurs coexistent et certains fonctionnent via application ou badge (opérateurs et modalités à vérifier, idéalement avec le loueur).
  6. Intégrer le temps de charge au programme : une pause recharge peut coïncider avec un repas, une piscine municipale ou une courte balade.

Pour qui l’électrique a du sens

Pour une boucle estivale par la Route 1, sur 10 jours ou plus, avec des étapes raisonnables, la voiture électrique est une option crédible et cohérente avec le respect de l’écosystème islandais. Pour un road trip hivernal serré, les tronçons de l’Est et du Nord demandent beaucoup plus de marge. Pour les pistes F des Highlands, en revanche, l’électrique n’est généralement pas adapté : absence de recharge, gués et conditions de location à vérifier avec le loueur.

Note de la rédaction : les emplacements de bornes, leurs puissances, les opérateurs et les tarifs évoluent vite. Les points marqués « à vérifier » doivent être contrôlés avant le départ, auprès du loueur et sur les cartes de recharge à jour.

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