Camping en van en Islande : où dormir, quel véhicule choisir et combien prévoir
Voyager en van en Islande plaît pour une raison simple : le lit, la cuisine et la liberté suivent le rythme du voyage. En contrepartie, tout est plus cadré qu’ailleurs. Le lieu de nuit doit être légal, le véhicule doit correspondre à la saison, et le budget camping mérite d’être calculé avant le départ.
Un road trip réussi se construit donc avec des choix concrets : où dormir, quel van louer, quelles routes viser et quels équipements emporter pour éviter une nuit froide, humide ou trop courte.
Camper en van en Islande : ce qui est autorisé, ce qui ne l’est pas
Le point central est clair : le camping sauvage est interdit en Islande dans la plupart des cas pour les véhicules aménagés. Depuis les règles mises en place autour de 2015 et 2016, dormir dans un van, un camping-car ou une voiture aménagée doit se faire dans un camping officiel ou sur un terrain privé avec l’autorisation explicite du propriétaire.

Cette règle répond à une réalité locale très concrète. Les sols islandais sont fragiles, la mousse volcanique se régénère lentement et certaines zones naturelles subissent une forte pression touristique. Un parking isolé ou un bas-côté vide ne sont donc pas, à eux seuls, des emplacements autorisés pour la nuit.
Campings officiels et terrains privés : la bonne logique
Le bon réflexe consiste à prévoir chaque soir une zone de nuit légale. L’Islande compte plus de 170 campings, et certaines estimations évoquent environ 200 terrains de camping officiels. Beaucoup se trouvent le long de la Route 1, autour des villages, près des fjords, des zones de randonnée ou à proximité des grands sites naturels.
Sur un terrain privé, l’autorisation doit être réelle. Si vous voyez une ferme, une auberge ou un terrain isolé, il faut demander avant de s’installer. À l’inverse, les parkings de cascades, de plages, de stations-service ou de départs de randonnée ne doivent pas être traités comme des emplacements de nuit par défaut.
À quoi ressemblent les campings islandais ?
Les prestations varient beaucoup d’un terrain à l’autre. Certains campings sont très simples, avec sanitaires et point d’eau. D’autres ajoutent une cuisine commune, des douches, l’électricité, une laverie, le WiFi ou un espace intérieur pour manger à l’abri. En van, ces détails changent la journée suivante : une douche chaude ou une pièce chauffée peut compenser une étape passée sous la pluie ou dans le vent.
Les dates d’ouverture comptent aussi. De nombreux campings fonctionnent surtout entre mi-mai et mi-septembre, parfois du 1er juin à fin septembre. Hors saison, il faut vérifier avant de construire l’itinéraire, car un terrain visible sur une carte peut rester fermé en hiver.
Choisir son van selon l’itinéraire, la saison et le confort attendu
Le bon véhicule n’est pas forcément le plus grand ni le plus cher. C’est celui qui correspond aux routes prévues, au niveau de confort attendu et à la période du voyage. Pour un premier séjour estival concentré sur la Route 1, un van 2 roues motrices peut suffire. Pour les Highlands, les pistes autorisées ou des conditions plus rudes, le 4×4 devient plus pertinent.
| Option | Idéal pour | Limites à prévoir |
|---|---|---|
| Van 2WD | Route 1, été, budget maîtrisé, couple ou solo | Pas adapté aux F-Roads, confort plus réduit selon modèle |
| Van 4×4 | Highlands, pistes autorisées, météo changeante, voyage plus aventure | Location et carburant plus coûteux |
| Camping-car | Famille, besoin d’espace, WC ou douche intégrés | Moins maniable, accès plus limité sur petites routes |
| Tente de toit | Voyage estival, sensation bivouac, budget intermédiaire | Exposition au vent et au froid, confort dépendant de la météo |
2WD ou 4×4 : ne payez pas pour rien, ne sous-estimez pas les F-Roads
Les F-Roads, ces routes de montagne qui donnent accès à certaines zones des Highlands, sont réservées aux véhicules adaptés, généralement 4×4. Si l’itinéraire reste sur Reykjavik, le Cercle d’Or, la côte sud, Skaftafell, Mývatn, Akureyri et la Route 1, un 2WD en bonne saison est souvent cohérent. En revanche, dès que vous visez Kerlingarfjöll, certaines pistes intérieures ou des accès plus isolés, le 4×4 n’est plus un confort mais une condition d’accès.
Il faut aussi regarder les assurances et les exclusions. Les passages de gués, les dégâts liés au vent sur les portières, les routes non autorisées, le sable ou le gravier peuvent vite peser dans la balance. Un tarif de location intéressant perd son intérêt si les garanties sont trop faibles ou si votre itinéraire sort du cadre permis.
Les équipements qui changent vraiment l’expérience
Un bon van pour l’Islande doit permettre de dormir au sec, cuisiner vite et encaisser les nuits fraîches. Le chauffage stationnaire, souvent cité sous le nom de chauffage Webasto, devient très appréciable dès que les températures baissent. Une literie correcte, des rideaux occultants, une table intérieure, un réchaud fiable, une glacière ou un petit frigo et assez de rangement évitent de vivre dans le désordre.
Pensez aussi au rythme de la journée. Si vous arrivez trop tard au camping, la réception peut être fermée, les douches occupées, la cuisine commune pleine et le repas repoussé jusqu’à la fatigue. En Islande, le temps ne se mesure pas seulement en kilomètres, mais en fenêtres météo, en horaires de services, en pauses carburant et en moments où le vent permet encore d’ouvrir une portière sans lutter. Prévoir l’étape de nuit avant la fin d’après-midi rend le voyage plus fluide.
Budget camping en Islande : nuits, carte camping et coûts cachés
Le van réduit souvent le budget hébergement, mais il ne rend pas le voyage gratuit. Une nuit en camping coûte fréquemment entre 15€ et 20€ par personne, ou autour de 1000 ISK à 3000 ISK selon les terrains et les services inclus. Les douches, l’électricité ou la laverie peuvent parfois être facturées à part.
La haute saison pèse aussi sur les prix de location. Un petit van ancien en été n’aura pas le même tarif qu’un van récent, équipé, avec chauffage et assurances renforcées. À cela s’ajoutent le carburant, les courses, les bains chauds, les parkings de certains sites et les éventuelles options comme le WiFi, la table, les chaises ou le conducteur additionnel.
La Camping Card est-elle rentable ?
La Camping Card islandaise vaut la peine d’être regardée parce qu’elle donne accès à plus de 30 terrains de camping pendant une durée pouvant aller jusqu’à 28 jours, pour 2 adultes et 4 enfants. Un tarif de 179€ a été mentionné pour cette carte. Elle peut donc être intéressante pour un séjour long, surtout en famille, si les campings inclus correspondent à l’itinéraire.
Elle n’est pas rentable pour tout le monde. Pour 5 ou 6 nuits, ou si les étapes prévues ne passent pas par les campings participants, payer nuit par nuit reste plus simple. Avant l’achat, il faut comparer la route réelle avec la liste des terrains inclus et vérifier les périodes d’ouverture.
Un budget à raisonner par nuit complète
Pour comparer correctement, il faut additionner la location du van, le camping, le carburant et les options indispensables. Un van moins cher mais sans chauffage peut pousser à écourter les soirées ou à dépendre davantage des espaces communs. À l’inverse, un modèle plus confortable coûte parfois plus cher à la réservation, mais rend les nuits froides et les jours de pluie beaucoup plus supportables.
Où dormir en van : construire des étapes réalistes
Le meilleur itinéraire en van n’est pas celui qui empile le plus de sites, mais celui qui place les nuits au bon endroit. La Route 1 facilite l’organisation, car elle relie les grandes régions et concentre de nombreux campings. Pour un premier voyage, elle permet de découvrir la côte sud, les glaciers, l’est, le nord et l’ouest sans multiplier les pistes complexes.
Autour de Reykjavik, du Cercle d’Or, de Seljalandsfoss, Skógafoss, Skaftafell, Egilsstaðir, Mývatn ou Akureyri, vous trouverez généralement des solutions de camping en saison. Des lieux comme Þakgil, Þjórsárdalur ou Skútustaðagígar peuvent aussi intéresser les voyageurs qui cherchent des étapes plus immersives, à condition de vérifier l’accès et l’ouverture.
Réserver ou improviser ?
En été, l’improvisation reste possible sur certains terrains, mais elle a ses limites dans les zones très fréquentées. Si vous voyagez en juillet-août, avec des enfants, ou si vous arrivez tard, mieux vaut identifier au moins deux options par soir. Hors saison, le sujet n’est pas la foule mais l’ouverture : il faut confirmer que le camping accueille bien les vans aux dates du séjour.
Gardez aussi une marge de route. Les distances islandaises paraissent parfois modestes sur la carte, mais les arrêts photo, le vent, la pluie, les pistes lentes et les détours vers les sites naturels rallongent vite la journée.
Préparer son road trip en van sans se faire piéger par la météo
L’Islande demande une préparation plus rigoureuse qu’un road trip classique. La météo change vite, les routes peuvent fermer, le vent peut rendre la conduite fatigante et l’hiver impose une vraie prudence. Les feux doivent rester allumés, les limitations sont à respecter, et les pneus hiver restent un point essentiel pendant la saison froide.
- Vérifiez la météo et l’état des routes chaque jour avant de partir, surtout en hiver ou avant une piste.
- Gardez de l’eau, des snacks et du carburant, car les services peuvent être espacés hors des grands axes.
- Prévoyez des couches chaudes même en été : bonnet, veste imperméable, polaire et chaussettes sèches sont utiles.
- Protégez l’intérieur du van avec des sacs étanches, un rangement simple et des chaussures faciles à retirer.
- Ne surchargez pas les journées : deux ou trois grands arrêts bien vécus valent mieux qu’une course permanente.
Venir avec son propre van : possible, mais à calculer
Il est possible de rejoindre l’Islande avec son propre véhicule via le ferry Smyril Line, au départ de Hirtshals, au Danemark, vers Seyðisfjørður, dans l’est de l’Islande. La traversée dure environ 40 heures. Cette option peut séduire les voyageurs qui veulent utiliser leur van déjà aménagé, partir longtemps ou éviter une location sur place.
Elle demande toutefois de comparer le coût total : trajet jusqu’au Danemark, ferry, durée disponible, assurance, équipement adapté à l’Islande et fatigue du préacheminement. Pour un séjour court, l’avion puis la location d’un van aménagé auprès de loueurs comme Rent.is, Lava Car Rental, Kuku Campers, GoCampers Iceland, CampEasy ou via un comparateur comme GuideToIceland reste souvent plus simple.
Le camping en Islande en van reste l’une des façons les plus efficaces de découvrir le pays, à condition de respecter les règles et de choisir un véhicule cohérent. En planifiant les nuits, en surveillant les routes et en gardant une marge face à la météo, le voyage gagne en autonomie sans perdre en sécurité ni en confort.
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