Le road trip en Islande, étape par étape.
Itinéraires en Islande : durée & saisons

Road trip nord Islande : Akureyri, Mývatn, Tröllaskagi et le Diamond Circle

Sophie Guérin 8 min de lecture
Road trip nord islande, route mouillée vers Akureyri et Mývatn

Le nord de l’Islande se prête bien au voyage en autonomie. Les distances restent gérables, les décors changent vite et l’on peut passer, dans la même journée, d’un fjord calme à une zone géothermique fumante. Pour que l’itinéraire tienne la route, mieux vaut limiter les étapes, garder une marge pour la météo et choisir des bases pratiques.

Combien de jours prévoir et quel itinéraire choisir ?

Pour un premier road trip nord Islande, 5 à 7 jours permettent déjà de voir l’essentiel sans transformer chaque journée en longue liaison. Si vous arrivez par Reykjavik, le trajet vers le nord peut se construire par étapes, avec un détour par la péninsule de Snaefellsnes avant de rejoindre Akureyri ou Mývatn. Certains voyageurs coupent ainsi la route avec un premier arrêt vers Kirkjufell. Le trajet Reykjavik-Kirkjufell représente environ 229 km pour 3h06 de route, hors pauses.

Si votre temps est limité, concentrez-vous sur Akureyri, Godafoss, Mývatn, Hverir, Dimmuborgir, Hverfjall, Húsavík et Dettifoss. Si vous disposez d’une semaine complète, ajoutez la péninsule de Tröllaskagi, Siglufjörður, Hofsós et le canyon de Kolugljúfur. Le nord se découvre mieux en boucle qu’en ligne droite, car cela évite les allers-retours inutiles et laisse plus de souplesse si une route devient moins agréable ou si le ciel se dégrade.

Durée Idéal pour Étapes à privilégier
4 à 5 jours Un aperçu dense mais réaliste Akureyri, Godafoss, Mývatn, Hverir, Húsavík
6 à 7 jours Un road trip équilibré Tröllaskagi, Siglufjörður, Mývatn, Dettifoss, Húsavík
8 jours et plus Un rythme lent, avec détours Snaefellsnes, Skagafjörður, Kolugljúfur, Diamond Circle

Un parcours conseillé, étape par étape

De Reykjavik au nord : prendre le temps de la transition

Plutôt que de filer directement vers Akureyri, commencez par une étape dans l’ouest ou le nord-ouest. La péninsule de Snaefellsnes est une excellente introduction : Kirkjufell, Budir et les paysages autour de Snaefellsjokull donnent déjà une bonne idée de la variété islandaise. Entre Kirkjufell et Snaefellsjokull, comptez environ 51 km pour 32,8 mn de route, mais prévoyez davantage si vous multipliez les arrêts photo.

La randonnée vers Snaefellsjokull peut demander 4 à 6 heures selon l’itinéraire et les conditions. Elle n’est donc pas à glisser entre deux longues portions de route. En Islande, le plus simple est de séparer, autant que possible, les journées de conduite et les journées de marche.

Akureyri, Tröllaskagi et les villages de fjord

Akureyri est la base la plus pratique du nord. On y trouve des hébergements, des restaurants, des commerces et un accès facile vers plusieurs régions. De là, partez vers la péninsule de Tröllaskagi. La route déroule des montagnes abruptes, des fjords profonds et des villages liés à la pêche, comme Siglufjörður. Hofsós mérite aussi un arrêt pour ses orgues basaltiques et son ambiance paisible.

Dans cette partie du voyage, ne cherchez pas seulement le site le plus photogénique. Le charme vient souvent des transitions : une ferme isolée au fond d’une vallée, un port minuscule, une lumière rasante sur l’Eyjafjörður. Le nord de l’Islande récompense les conducteurs patients.

Mývatn, Hverir et le Diamond Circle

Le secteur de Mývatn concentre plusieurs paysages majeurs. Dimmuborgir offre un décor de lave sombre, Hverfjall permet une marche panoramique autour d’un cratère, tandis que Hverir plonge dans une atmosphère minérale faite de boues bouillonnantes, de vapeur et d’odeurs soufrées. Prévoyez au moins une nuit sur place pour éviter de traverser la région trop vite.

Le Diamond Circle, ou cercle de diamant, relie plusieurs sites du nord : Mývatn, Húsavík, Ásbyrgi et Dettifoss. Cette dernière impressionne par ses dimensions, environ 100 mètres de large et 44 mètres de haut. Les abords peuvent être glissants, surtout par temps humide ou froid ; de bonnes chaussures sont indispensables.

Les sites à privilégier sans tout vouloir cocher

Godafoss est souvent l’une des premières grandes cascades rencontrées dans le nord. Facile d’accès, photogénique et puissante, elle mérite un arrêt même si vous avez déjà vu d’autres chutes dans le pays. Dettifoss, plus brute, donne une sensation différente : celle d’une force massive, presque industrielle, dans un décor nu.

Húsavík est connue pour les sorties d’observation des baleines, mais c’est aussi une étape agréable pour ralentir. Même sans excursion, son port, ses cafés et sa situation face à la baie en font une pause bienvenue entre deux secteurs volcaniques. À l’ouest, le canyon de Kolugljúfur et les cascades de Kolufossar constituent un détour intéressant si vous aimez les lieux moins fréquentés.

Un bon road trip gagne à suivre une logique claire. Il ne s’agit pas de passer d’un point célèbre à l’autre sans lien entre eux, mais de construire un trajet cohérent, avec ses reliefs, ses pauses et ses respirations. En préparant votre carte, regardez les vallées, les fjords et les routes qui les relient plutôt que les seules icônes touristiques. Cette lecture rend l’itinéraire plus fluide et aide à comprendre pourquoi un détour vers Stífluvatn peut avoir du sens après Siglufjörður, ou pourquoi une halte au Glaumbear Museum éclaire la vie rurale avant de repartir vers les zones volcaniques.

Conduite, météo et saison : les choix qui changent tout

Été ou hiver : deux voyages différents

En été, les journées longues facilitent les étapes souples, les randonnées et les détours spontanés. C’est la saison la plus confortable pour un premier road trip dans le nord de l’Islande, notamment si vous voulez marcher autour de Mývatn, explorer Tröllaskagi ou profiter des pistes d’observation sans contrainte horaire.

En hiver, l’expérience devient plus intense : paysages enneigés, lumière courte, possibilité d’aurores boréales, mais aussi routes plus exigeantes. Un 4×4 devient alors fortement recommandé, non pour “faire aventure”, mais pour gagner en stabilité et en marge de sécurité. Ajoutez des crampons de marche, des vêtements coupe-vent, une lampe frontale et de quoi patienter en cas de retard.

Les réflexes de sécurité à adopter

Avant chaque départ, consultez l’état des routes et la météo. Les conditions peuvent changer rapidement, surtout près des fjords, des cols et des plateaux exposés. Les sites road.is et SafeTravel sont des références utiles pour vérifier la praticabilité et adapter votre journée.

  • Gardez toujours une marge entre le temps indiqué par le GPS et votre heure d’arrivée réelle.
  • Évitez les routes secondaires si la visibilité baisse ou si le vent se renforce.
  • Ne vous arrêtez pas au milieu de la chaussée pour photographier un paysage.
  • Faites le plein dès que possible dans les zones moins peuplées.
  • En hiver, acceptez de supprimer une étape plutôt que de rouler dans de mauvaises conditions.

Sur certaines grandes transitions, les distances peuvent être trompeuses. Un trajet de 460 kilomètres pour environ 5 heures de route entre le sud-est et le nord-est peut sembler faisable sur le papier, mais il devient fatigant avec le vent, les pauses, les travaux ou la neige. Dans le nord, la prudence n’enlève rien au voyage ; elle le rend simplement plus confortable et plus sûr.

Où dormir, où manger et comment garder un voyage agréable

Pour dormir, privilégiez quelques bases plutôt qu’un changement d’hébergement quotidien. Akureyri convient très bien pour rayonner vers Tröllaskagi et Godafoss. Mývatn est idéal pour explorer Hverir, Dimmuborgir, Hverfjall et Dettifoss. Húsavík fonctionne bien si vous voulez intégrer une sortie en mer ou profiter d’un rythme plus côtier.

En haute saison, réservez tôt, surtout autour de Mývatn où l’offre peut se remplir vite. En hiver, l’enjeu est moins la foule que la flexibilité : choisissez des logements accessibles par route principale et vérifiez les conditions d’annulation. Les guesthouses et les fermes-auberges offrent souvent un bon équilibre entre confort, accueil local et budget maîtrisé.

Côté repas, prévoyez un mélange entre restaurants et courses simples. Les villages ne disposent pas tous d’un large choix, et les horaires peuvent être limités. Avoir dans la voiture du pain, des fruits secs, une soupe instantanée ou de quoi faire un pique-nique évite de dépendre d’un seul café ouvert. Cela permet aussi de s’arrêter face à un fjord ou près d’une cascade sans courir après le prochain service.

Enfin, gardez une règle simple : une grande attraction par demi-journée suffit souvent. Le nord de l’Islande ne se découvre pas à toute vitesse. En construisant votre road trip avec des étapes réalistes, quelques détours choisis et une vraie marge météo, vous aurez plus de chances de vivre ce que beaucoup viennent chercher ici : de l’espace, du silence et une sensation rare de distance.

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