Le road trip en Islande, étape par étape.
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Laugavegur en Islande : 55 km entre Landmannalaugar et Þórsmörk, sans improviser

Élise-Marie Charpentier-Dubourg 10 min de lecture
Sentier du Laugavegur, sable noir vers Landmannalaugar, chaussures et sac de randonnée.

Le Laugavegur est l’un des grands treks d’Islande : un itinéraire de plusieurs jours entre les montagnes rhyolitiques de Landmannalaugar et la vallée verte de Þórsmörk. Pour un voyageur français en road trip, il demande plus qu’une simple envie de marcher : il faut caler les transports, réserver tôt, accepter une météo changeante et choisir un équipement vraiment adapté aux Hautes Terres.

Le Laugavegur en bref : distance, sens de marche et durée réaliste

Le sentier relie généralement Landmannalaugar à Þórsmörk sur environ 55 km, à travers un décor qui change presque à chaque vallée : champs de lave noire, névés, fumerolles, lacs, déserts de sable volcanique et gorges couvertes de mousse. La plupart des randonneurs le parcourent en 4 jours, mais l’itinéraire peut s’adapter au rythme, à la météo et au type d’hébergement choisi.

Carte du trek Laugavegur entre Landmannalaugar et Þórsmörk

Dans quel sens partir ?

Le sens le plus classique va de Landmannalaugar vers Þórsmörk. Il permet de commencer par les paysages minéraux les plus marquants des Hautes Terres et de finir dans une vallée plus abritée, avec une descente progressive vers un environnement plus végétal. C’est aussi le sens le plus logique pour beaucoup d’organisations de bus saisonniers.

Le sens inverse reste possible, mais il implique souvent une montée plus nette vers les plateaux. Il peut aussi rendre l’expérience plus exigeante si la météo se dégrade. Pour une première fois en Islande, le sens nord-sud s’intègre généralement plus facilement dans un itinéraire de road trip.

Combien de jours prévoir ?

Quatre jours de marche forment le format le plus courant. Trois jours conviennent aux randonneurs entraînés qui acceptent de longues étapes, tandis que cinq jours permettent de mieux absorber la météo, de marcher plus sereinement et de profiter des abords des refuges. Il faut aussi compter le temps d’accès à Landmannalaugar et le retour depuis Þórsmörk, qui ne se gèrent pas comme une simple navette urbaine.

Les étapes du Laugavegur : un itinéraire qui change de visage chaque jour

La force du Laugavegur vient de sa variété. Les étapes ne sont pas de simples portions de distance : chacune impose une ambiance, un type de terrain et une vigilance particulière. Ce découpage donne une base utile pour préparer son effort et éviter de juger une journée uniquement au nombre de kilomètres.

Étape Distance indicative Ambiance principale Point d’attention
Landmannalaugar – Hrafntinnusker Environ 12 km Montagnes colorées, zones géothermiques, névés Météo exposée et visibilité parfois réduite
Hrafntinnusker – Álftavatn Environ 12 km Plateaux, descentes, vues sur les lacs Terrain pouvant être glissant ou enneigé
Álftavatn – Emstrur Environ 16 km Sables noirs, rivières, paysages volcaniques Gués et exposition au vent
Emstrur – Þórsmörk Environ 15 km Canyons, reliefs verdissants, arrivée en vallée Fatigue cumulée et descentes irrégulières

Les gués : petits sur la carte, importants sur le terrain

Plusieurs traversées de rivière peuvent être nécessaires selon les conditions. Leur niveau varie avec la pluie, la fonte et l’heure de la journée. Une rivière franchissable le matin peut devenir plus impressionnante après un redoux ou une forte précipitation. Il faut prévoir des sandales solides ou des chaussures de gué, détacher les sangles ventrales du sac au moment de traverser et ne jamais chercher à passer seul si le courant paraît trop fort.

Préparer un trek en Islande, c’est apprendre à regarder le parcours autrement. La carte donne une image nette, mais elle écrase les reliefs, la force du vent et la sensation du froid. Deux kilomètres sur sable noir avec rafales latérales peuvent peser plus lourd que cinq kilomètres sur un bon sentier français. Ce changement de repère aide à mieux doser ses étapes, à ne pas surestimer sa vitesse et à garder une marge pour les imprévus.

Réserver les refuges : le point à anticiper avant tout le reste

Les refuges du Laugavegur sont très demandés pendant la saison. Si vous comptez dormir en dur, la réservation doit être l’une des premières démarches, avant même de figer définitivement vos vols ou votre boucle de road trip. Les places sont limitées et les dates les plus pratiques partent vite.

Refuge ou tente : deux expériences différentes

Dormir en refuge apporte un confort précieux : abri contre le vent, espace commun, matelas, atmosphère de trek. En revanche, il ne faut pas l’imaginer comme un hôtel. Les dortoirs sont collectifs, l’intimité limitée et le sac de couchage reste nécessaire. La tente offre plus de souplesse si les emplacements sont disponibles, mais elle exige un matériel robuste, capable de tenir face aux rafales et à l’humidité.

Pour un premier trek islandais, le refuge rassure, surtout si la météo tourne. Pour un randonneur habitué au bivouac nordique, la tente peut être un excellent choix, à condition de respecter les zones autorisées et de ne pas sous-estimer la fatigue liée au montage dans le vent.

Ce qu’il faut vérifier avant de réserver

  • La cohérence des dates entre chaque refuge, sans nuit manquante au milieu du parcours.
  • Les conditions d’annulation ou de modification, car la météo peut perturber les plans.
  • Le type d’équipement à apporter : sac de couchage, nourriture, réchaud, vêtements secs.
  • Les solutions de transport vers Landmannalaugar et depuis Þórsmörk, souvent saisonnières.

Ne construisez pas votre itinéraire uniquement autour d’une arrivée en voiture. Les pistes des Hautes Terres nécessitent un véhicule adapté lorsqu’elles sont ouvertes, et certaines traversées ne conviennent pas aux conducteurs peu expérimentés. Pour beaucoup de voyageurs, le plus simple reste de laisser la voiture sur une étape accessible et d’utiliser les bus de randonnée pour entrer ou sortir des zones les plus isolées.

Période et météo : choisir la bonne fenêtre sans chercher la garantie

Le Laugavegur se marche principalement en été, lorsque l’accès aux Hautes Terres est possible et que les refuges fonctionnent. Même à cette période, l’Islande ne promet jamais une météo stable. Le vent, la pluie, le brouillard et les résidus de neige font partie du décor, parfois dans la même journée.

La meilleure période pour randonner

La fenêtre la plus favorable se situe généralement entre fin juin et début septembre, selon l’ouverture des pistes, l’enneigement et les conditions de l’année. Juillet et août concentrent la majorité des départs, avec des journées longues et une logistique plus simple. En début de saison, certains passages peuvent encore être enneigés. En fin de saison, les températures baissent et les journées raccourcissent.

Il ne faut pas choisir une date uniquement pour éviter la foule. Sur ce type d’itinéraire, la sécurité et la disponibilité des transports comptent davantage que la recherche d’un sentier vide. Un départ très tôt ou très tard dans la saison peut être superbe, mais il demande plus d’autonomie et une meilleure lecture du terrain.

Lire la météo comme une décision de marche

La météo ne sert pas seulement à savoir s’il faut mettre une veste. Elle décide parfois du départ, du rythme ou d’une pause prolongée au refuge. Un brouillard dense sur les plateaux peut compliquer l’orientation, même sur un sentier fréquenté. Un vent fort peut rendre une étape courte beaucoup plus éprouvante, surtout avec un sac chargé.

Avant chaque journée, consultez les prévisions locales, échangez avec les gardiens quand ils sont présents et observez les autres groupes sans les suivre aveuglément. La bonne décision n’est pas toujours de continuer : attendre quelques heures peut transformer une étape pénible en marche agréable.

Niveau requis et équipement : viser l’autonomie plutôt que la performance

Le Laugavegur n’est pas un trek technique au sens alpin, mais il demande une vraie endurance, une capacité à marcher plusieurs jours avec un sac et une bonne tolérance à l’inconfort. Le niveau requis dépend fortement de la météo : par beau temps, le sentier peut sembler accessible ; sous pluie froide et vent, il devient nettement plus exigeant.

Quel profil de randonneur peut s’y engager ?

Un marcheur habitué aux randonnées de 5 à 7 heures, avec dénivelé et sac à dos, part avec de bonnes bases. Il faut pouvoir enchaîner les journées sans attendre une récupération parfaite le soir. Les personnes qui découvrent la randonnée itinérante devraient tester leur équipement avant le départ, idéalement sur un week-end complet, pour identifier les frottements, le poids excessif ou les vêtements qui sèchent mal.

La difficulté principale n’est pas seulement physique. Elle est aussi mentale : accepter de marcher dans le vent, de manger simplement, de partager un dortoir ou de monter une tente sous la pluie. Ceux qui abordent le trek avec cette réalité en tête profitent beaucoup plus du voyage.

La liste d’équipement à ne pas alléger au mauvais endroit

  • Chaussures de randonnée déjà portées, avec bonne accroche et maintien correct.
  • Veste imperméable et coupe-vent fiable, plus surpantalon de pluie.
  • Couches chaudes : polaire, doudoune légère ou équivalent, bonnet et gants.
  • Sac de couchage adapté aux nuits fraîches, même en refuge.
  • Protection étanche pour le sac et sacs internes pour garder les vêtements secs.
  • Bâtons de marche utiles pour les descentes, les gués et les longues portions exposées.
  • Nourriture énergétique, réchaud si nécessaire et capacité d’eau suffisante.
  • Carte, trace hors ligne, batterie externe et moyen de communication adapté.

Le piège classique consiste à alléger ce qui protège du froid et de l’eau, puis à garder trop de vêtements redondants. Mieux vaut peu de pièces, mais vraiment complémentaires : une couche respirante, une couche isolante, une couche imperméable. En Islande, rester sec est souvent plus important que rester élégant.

Intégrer le trek dans un road trip en Islande

Pour un voyage de deux semaines ou plus, le Laugavegur peut devenir l’étape centrale d’un itinéraire dans le sud de l’Islande. Il se combine bien avec la Côte Sud, les cascades, les plages de sable noir, le secteur de Vík ou une remontée vers les glaciers. L’important est de ne pas le placer au milieu d’un programme déjà trop dense.

Prévoyez une marge avant et après le trek. Avant, pour rejoindre le point de départ sans stress et vérifier les conditions. Après, pour récupérer, gérer un éventuel retard de transport et éviter d’enchaîner immédiatement avec une longue journée de conduite. Une nuit confortable après Þórsmörk ou sur la route du retour change vraiment l’expérience.

Si vous louez un véhicule, vérifiez précisément les routes autorisées par le contrat et les limites liées aux pistes F. Un 4×4 ne transforme pas une piste de Hautes Terres en route ordinaire, et les passages à gué en voiture ne s’improvisent pas. Pour beaucoup de voyageurs, l’option la plus sereine consiste à combiner voiture de location sur la route circulaire et bus spécialisé pour l’accès au trek.

Bien préparé, le Laugavegur offre une expérience très forte d’un voyage en Islande : un concentré de paysages bruts, de solitude relative et de marche engagée sans être extrême. Sa réussite tient moins à la vitesse qu’à l’anticipation : bonnes dates, refuges réservés, équipement cohérent et souplesse face à la météo.

Élise-Marie Charpentier-Dubourg

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