Autotour en Islande en camping-car : 16 jours pour boucler la route 1 sans surcharger l’itinéraire
Faire le tour de l’Islande en camping-car se prépare avec une carte, mais aussi avec une calculatrice. Entre la route circulaire n° 1, les pistes gravel qui allongent les trajets et les routes F interdites à certains véhicules, la vraie question n’est pas seulement de savoir où aller. Il faut aussi déterminer combien de kilomètres le programme peut absorber. Voici comment construire un itinéraire réaliste, choisir le bon véhicule et éviter les journées trop chargées.
Quel itinéraire pour faire le tour de l’Islande en camping-car ?
La route 1, ou Ring Road, forme l’épine dorsale d’un autotour en Islande. Elle relie Reykjavík à Reykjavík en faisant le tour de l’île par la côte. Plusieurs routes secondaires, notamment les 36, 48, 54, 55, 59, 711, 862, 864 et 923, permettent ensuite de rejoindre des sites plus isolés ou des points de vue recherchés.
L’itinéraire classique part de Keflavík, passe par le Cercle d’Or, descend la côte sud, longe le Vatnajökull et les fjords de l’Est, puis traverse le nord par Mývatn et Akureyri. La boucle se termine généralement par la péninsule de Snæfellsnes, avant le retour vers la capitale. Cette organisation permet de suivre la route circulaire tout en conservant quelques variantes selon la météo et le temps disponible.
La route circulaire et ses variantes
Certains voyageurs commencent par Reykjavík et y reviennent le dernier jour. D’autres préfèrent dormir près de l’aéroport dès leur arrivée, surtout après un vol de nuit, puis reprendre la route le lendemain. Un programme de seize jours, organisé de J1 à J16, prévoit deux journées à Reykjavík et une nuit près de l’aéroport en fin de séjour. Cette formule laisse une marge utile pour absorber un changement de météo ou une étape retardée.
Le sens de la boucle importe moins que la répartition des distances. L’essentiel est de ne pas concentrer les longues portions de conduite et les randonnées exigeantes sur les mêmes journées. Les étapes doivent rester assez souples pour modifier l’ordre des visites si une route devient difficile ou si le vent perturbe les déplacements.
Combien de jours prévoir selon le rythme
Les formules commerciales observées vont de huit à douze jours, avec des prix débutant autour de 1 590 € pour un circuit de douze jours. Ces durées correspondent toutefois à un rythme soutenu. Pour intégrer de vraies randonnées et profiter des arrêts sans passer la journée au volant, prévoyez plutôt quatorze à seize jours. En camping-car, les manœuvres, les pauses et la vitesse sur certaines routes allongent mécaniquement le temps de trajet par rapport à une voiture.
Les étapes incontournables sur la route circulaire
Cercle d’Or et côte sud
Le Cercle d’Or concentre plusieurs arrêts majeurs. Le geyser Strokkur jaillit toutes les cinq à dix minutes, à une hauteur de 15 à 30 mètres. La cascade de Gullfoss atteint 32 mètres. Sur la côte sud, Skógafoss mesure environ 60 mètres de haut et 25 mètres de large, tandis que la falaise de Dyrhólaey s’élève à environ 120 mètres au-dessus de l’océan.
Les voyageurs qui souhaitent marcher peuvent prévoir le sentier de Fimmvörðuháls, long de 23 kilomètres. Une randonnée plus courte mène à Fjaðrárgljúfur : comptez environ deux heures pour le parcours complet, ou une heure depuis le point haut du canyon. Ces durées doivent être ajoutées au temps de conduite et aux arrêts, et non traitées comme de simples pauses.
Vatnajökull, fjords de l’Est et Mývatn
Entre Vík et Stokksnes, comptez environ 3 h 30 de route sans les arrêts. Avec la marge nécessaire à un camping-car, l’estimation monte plutôt à 3 h 50. La randonnée de Svartifoss demande au moins 1 h 30, tout comme la découverte de Stokksnes. Dans les fjords de l’Est, Stórurð réclame entre 3 h 30 et 5 heures selon le niveau du groupe.
Plus au nord, le lac Mývatn et les chutes de Goðafoss forment une étape variée, entre paysages volcaniques et zones géothermiques. La route mène ensuite à Akureyri. Cette partie du circuit mérite de conserver une marge, car l’enchaînement des points d’intérêt peut rapidement transformer une journée de visite en longue journée de conduite.
Akureyri et péninsule de Snæfellsnes
Akureyri marque la bascule vers le retour. La péninsule de Snæfellsnes referme ensuite la boucle avec ses falaises, ses champs de lave et ses paysages côtiers. L’accès gravel à Svörtuloft comprend environ six kilomètres aller-retour sur une piste difficile. En camping-car, ce détour doit être abordé avec prudence et supprimé en priorité si le programme prend du retard.
Camping-car, van ou campervan : quel véhicule pour quelles routes ?
Gabarit, autonomie et confort
Un van aménagé de type Kangoo Camper est facile à manœuvrer sur les routes étroites, mais son espace de vie reste limité. Un campervan de type Renault Master offre davantage de confort et de rangement, sans pour autant convenir aux highlands. Le camping-car classique apporte plus d’espace, mais son gabarit complique les passages sur certaines routes secondaires étroites ou en lacets.
Le choix dépend donc du confort recherché et des routes prévues. Ni les Kangoo Camper ni les véhicules de type Renault Master ou équivalent ne sont autorisés à rejoindre les highlands. Cet accès reste réservé à des 4×4 spécifiques, selon les conditions fixées par le loueur. Un véhicule plus grand n’apporte donc pas automatiquement davantage de liberté.
Routes gravel, routes F et limites d’assurance
Les routes gravel comme les 54, 55, 59, 579, 711 ou 923 restent accessibles à la plupart des camping-cars de location, avec une vigilance particulière sur les portions dégradées. La 864, qui mène vers Dettifoss, est décrite comme accidentée, tandis que la 862, plus roulante, est généralement proposée comme alternative.
Les routes F sont, elles, interdites à la majorité des véhicules de loisirs. La conduite hors piste et la traversée de rivières peuvent aussi être exclues du contrat d’assurance. Dans ce cas, les dommages liés à un accrochage restent entièrement à la charge du conducteur. Il faut donc vérifier les conditions du loueur avant de s’engager sur une route signalée par la lettre F.
L’accès aux highlands dépend aussi des conditions du moment. Les pistes de montagne ouvrent lorsque la neige a suffisamment fondu, que les gués sont franchissables et que le vent ne rend pas la conduite dangereuse pour un véhicule haut. Une perturbation venue de l’Atlantique peut modifier la situation en quelques jours. La bonne question n’est donc pas de savoir si une route est ouverte en juillet, mais si elle l’est cette semaine-là avec le véhicule loué.
Où dormir et comment composer des journées réalistes ?
Campings, stationnement et arrivées tardives
Le camping sauvage est interdit en Islande. Pour un voyage itinérant en camping-car, les campings sont donc le mode d’hébergement adapté. Certaines structures fonctionnent sans réservation obligatoire. Des retours de voyageurs mentionnent aussi des arrivées après 21 heures, voire après 22 h 30, acceptées sans difficulté pendant les longues journées d’été.
L’électricité dépend du camping et du type de véhicule. Au moment de la prise en charge, le matériel fourni peut inclure deux sacs de couchage et un bidon d’eau de 10 litres. Ces éléments varient selon l’offre choisie : il faut les vérifier avant le départ plutôt que de supposer qu’ils sont systématiquement inclus.
Alléger un programme trop chargé
Un découpage jour par jour permet de mesurer les distances réelles. Une première journée peut représenter 55 km en une heure, puis venir une étape de 220 km en environ trois heures, une autre de 250 km en trois heures, une de 140 km en deux heures et une journée plus longue de 300 km en quatre heures.
Une fois additionnés les trajets, les randonnées, les repas et les arrêts photo, une journée prévue pour huit heures d’activités peut ne laisser qu’environ cinq heures et demie de marge réelle. Il faut donc calculer chaque journée avant de la valider. Lorsque le programme déborde, supprimez d’abord les détours gravel les plus longs, comme celui de Svörtuloft. Gardez les étapes majeures du Cercle d’Or et de la côte sud, puis conservez une marge pour la météo, la fatigue et les imprévus.
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