Le road trip en Islande, étape par étape.
Véhicule, location & formalités

Voyager en Islande en camping-car est possible, à condition d’adapter le véhicule aux routes

Sophie Guérin 8 min de lecture
Voyager en Islande en camping car : van aménagé sur parking, route et montagnes en arrière-plan

Voyager en Islande en camping-car réunit transport, couchage et cuisine dans un même espace. Cette formule permet d’adapter les étapes à la météo et aux paysages, sur la Route circulaire, la côte sud ou le Cercle d’Or. Elle demande toutefois un véhicule adapté à l’itinéraire, ainsi qu’une bonne connaissance des règles de conduite et de bivouac.

Le bon véhicule dépend surtout des routes que vous voulez emprunter

Le camping-car ne sert pas uniquement d’hébergement mobile. Son gabarit détermine les routes accessibles, les parkings utilisables et la fatigue au volant. Avant de comparer les tarifs, partez de votre programme : souhaitez-vous rester sur les axes asphaltés et les sites connus, ou atteindre des secteurs plus isolés ? En Islande, un véhicule trop grand peut imposer des détours et limiter les possibilités de stationnement.

Solution Points forts Limites à anticiper Profil adapté
Camping-car Espace, couchages, cuisine, parfois toilettes et douche Encombrant, moins agile sur les routes étroites ou gravillonnées Famille, séjour confortable, itinéraire sur routes principales
Campervan ou van aménagé Plus maniable, généralement moins de 5 m, plus simple à stationner Moins de rangement et d’autonomie Couple ou petit groupe sur la Route 1
Camper 4×4 Garde au sol et transmission adaptées à certains parcours difficiles Confort variable, coût et contrat de location à examiner Voyageurs visant des secteurs autorisés hors axes classiques
Voiture et hébergements Souplesse de conduite, choix d’hôtels ou de guesthouses Réservations multiples, budget hébergement plus exposé Séjour court ou recherche de confort fixe

Les routes F ne sont pas une option pour un camping-car classique

Les routes F sont des pistes de montagne réservées aux véhicules autorisés, généralement des 4×4. Un camping-car, même robuste, ne doit pas s’y engager. Les passages à gué, le terrain irrégulier et les restrictions prévues dans les contrats de location rendent ces itinéraires inadaptés. Les routes gravillonnées ne sont pas toutes interdites, mais elles imposent une allure réduite, de grandes distances de sécurité et une vigilance constante face aux projections.

Un point souvent oublié concerne le pivot de manœuvre. Une vue spectaculaire perd son intérêt si vous ne pouvez pas repartir sans bloquer une voie étroite, fragiliser un bas-côté ou effectuer une marche arrière risquée. Avant de quitter un axe principal, évaluez l’état de la chaussée, la largeur des zones de croisement, l’espace disponible pour faire demi-tour et la pente du parking. Cette vérification limite les situations délicates avec un véhicule encombrant.

Location sur place ou ferry avec son propre véhicule : faites le calcul complet

La location en Islande est la solution la plus simple pour la majorité des voyageurs. Elle permet de récupérer le véhicule près de Reykjavik ou de Keflavik, sans ajouter un long trajet continental, et de choisir un modèle selon les routes prévues. En été, la location d’un camping-car peut se situer autour de 300 à 600 € par jour, contre environ 200 à 300 € par jour pour un campervan. En hiver, un camping-car est mentionné autour de 200 € par jour.

Ces montants restent indicatifs. Ajoutez les options, l’assurance, la caution, la literie, la vaisselle et les éventuels frais de restitution. Vérifiez aussi le kilométrage inclus, les équipements disponibles et les exclusions du contrat, notamment pour les routes gravillonnées ou les pistes interdites.

Le ferry convient aux longs séjours et aux propriétaires bien préparés

Il est possible de rejoindre l’Islande avec son véhicule grâce à la Smyril Line, entre Hirtshals, au Danemark, et Seyðisfjörður, avec une escale aux îles Féroé. La traversée dure environ 40 heures à 2 jours selon les rotations. Un départ par semaine étant mentionné, il faut réserver suffisamment tôt, surtout avec un camping-car.

Pour une cabine à deux lits et un véhicule jusqu’à 7 m, un aller-retour est évoqué autour de 840 €. D’autres estimations approchent ou dépassent 1 000 € selon le véhicule et la période. Emporter son camping-car devient plus pertinent pour un long séjour, si vous connaissez bien son équipement et acceptez les jours de route jusqu’au Danemark.

Si vous louez un véhicule en France, vérifiez impérativement l’autorisation écrite de sortie du territoire et l’autorisation de prise du ferry. Elles ne sont pas systématiques. Pour un séjour d’une ou deux semaines, louer localement évite souvent de consacrer une part importante du voyage aux transferts.

Conduire en Islande : prudence, météo et gabarit avant la vitesse

La météo peut modifier rapidement l’adhérence, la visibilité et l’état des routes. Consultez les conditions avant chaque départ, même en été, et acceptez de raccourcir une étape lorsque la situation l’exige. Les feux de croisement sont obligatoires toute l’année. Les limitations souvent indiquées sont de 90 km/h sur route asphaltée, 80 km/h sur route gravillonnée et 50 ou 30 km/h en agglomération. Pour certains camping-cars légers, 50 km/h en ville et 80 km/h hors agglomération sont également mentionnés. La signalisation présente sur place reste la référence.

  • Ralentissez avant les ponts étroits, les virages sans visibilité et les changements de revêtement.
  • Surveillez les moutons et évitez les freinages brusques avec un véhicule chargé.
  • Ne quittez jamais les voies ou pistes autorisées : la végétation est particulièrement vulnérable.
  • Pour la période concernée, les pneus hiver sont mentionnés du 1er novembre au 15 avril, avec une profondeur minimale de sculptures de 3 mm.
  • Anticipez les arrêts : le stationnement est notamment interdit à 5 m d’un carrefour et à 15 m avant ou après un arrêt de bus.

Le tunnel de Vaðlaheiði demande également de l’anticipation. Le paiement doit intervenir avant le passage ou dans les 3 heures. Les montants mentionnés sont de 1 500 couronnes pour un véhicule de moins de 3,5 t et de 2 500 couronnes au-dessus de ce poids, avec une majoration de 1 000 couronnes en cas de retard. Gardez enfin une marge de temps : un camping-car rallonge naturellement les étapes, avec un temps de conduite parfois supérieur de 20 à 30 % à celui d’une voiture.

Dormir chaque soir sans confondre liberté et camping sauvage

Le camping sauvage n’est pas une solution de repli avec un véhicule aménagé. Il est interdit, sauf accord d’un propriétaire privé selon les situations citées. Dormir dans un camping officiel protège les milieux naturels, tout en facilitant l’accès aux sanitaires et la gestion de l’eau, des déchets et des eaux usées. Un parking panoramique ne doit donc pas être considéré comme une aire de nuit autorisée.

La Camping Card n’est intéressante que si votre parcours correspond

La Camping Card est utilisable uniquement dans les campings affiliés. Elle peut couvrir jusqu’à 2 adultes et 4 enfants de moins de 16 ans selon les modalités évoquées. Elle ne dispense pas forcément des suppléments, notamment pour la douche, l’électricité ou le véhicule. Sa rentabilité est souvent évoquée à partir de 6 nuits.

Comptez vos nuits dans les campings partenaires avant de l’acheter. Son intérêt dépend du parcours, du nombre de voyageurs et des services dont vous aurez besoin. Elle ne remplace pas une vérification des conditions de chaque établissement.

À l’arrivée au camping, adoptez une routine simple : remplir l’eau propre, vérifier la batterie auxiliaire, vider les eaux usées dans l’installation prévue et préparer l’étape suivante. Cette organisation évite de chercher une station de vidange en urgence ou de faire tourner inutilement le moteur pour recharger. Les campings permettent aussi de recueillir des informations locales sur une fermeture de route ou un changement de météo.

Construire un itinéraire réaliste en 7, 8 ou 14 jours

Un itinéraire réussi privilégie des étapes courtes et une marge météo plutôt qu’une liste de sites à cocher. La Route circulaire N1 donne accès à une grande partie des paysages emblématiques sans imposer les pistes difficiles. Pour un premier voyage, elle est plus adaptée que la recherche d’itinéraires reculés avec un grand véhicule.

Une semaine : le sud et le Cercle d’Or plutôt que le tour complet

En 7 jours, concentrez-vous sur Reykjavik, Thingvellir, Geysir et Gullfoss, puis sur la côte sud avec Seljalandsfoss, Skógafoss, Reynisfjara, Skaftafell et Jökulsárlón. Cette boucle permet de profiter des arrêts et de conserver un jour de sécurité. Vouloir boucler toute l’île en une semaine vous exposerait à de longues journées de conduite, surtout avec un camping-car.

Huit jours ou deux semaines : élargir sans forcer

Avec 8 jours, la Route circulaire devient envisageable si vous acceptez un rythme soutenu. Avec 14 jours, vous pouvez intégrer plus confortablement les fjords de l’Est, Mývatn, Húsavík et Akureyri, tout en conservant des temps d’arrêt. Réservez tôt le véhicule et le ferry si nécessaire, mais gardez un itinéraire souple. En Islande, rester une nuit de plus au même endroit peut être la meilleure décision lorsque la météo ou l’état des routes compliquent l’étape prévue.

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