Aller en Islande en camping-car : ferry ou location, quel choix pour rouler sans mauvaise surprise ?
Aller en Islande en camping-car est possible, mais le choix ne se limite pas à réserver un véhicule. Il faut comparer le transport de son propre camping-car avec la location sur place, puis adapter l’itinéraire aux routes réellement accessibles. Une préparation précise permet de profiter de la liberté du voyage sans accumuler les détours, les frais imprévus et les trajets trop longs.
Emmener son camping-car ou louer en Islande : le choix qui structure le voyage
Avec votre propre véhicule, la liaison de référence est assurée par Smyril Line entre Hirtshals, au Danemark, et Seyðisfjörður, dans l’est de l’Islande, avec une escale aux îles Féroé. Depuis la France, il faut donc prévoir la route jusqu’au nord du Danemark. Depuis l’Alsace, comptez au moins une journée de conduite. La traversée dure autour de 40 heures selon les rotations, et le nombre de places pour les véhicules reste limité. Une réservation anticipée est donc nécessaire, surtout avec un camping-car de grand gabarit.

Les repères disponibles donnent une idée du coût du transport. Un aller-retour pour deux personnes et un véhicule jusqu’à 7 mètres est évoqué autour de 840 euros. Un aller simple pour deux adultes et un véhicule peut approcher 750 euros. Ces tarifs dépendent de la période, de la cabine, des dimensions du véhicule et des options choisies. Vérifiez le montant exact au moment de réserver.
La location sur place réduit les jours de transit
Louer un véhicule à Keflavík ou à Reykjavik évite le trajet continental, l’embarquement et l’arrivée à Seyðisfjörður, loin de la capitale. Cette solution est souvent plus cohérente pour un séjour d’une ou deux semaines, puisque chaque journée peut être consacrée à la découverte de l’île. En été, une location de camping-car est généralement annoncée autour de 300 à 600 euros par jour. Un campervan se situe plutôt entre 200 et 300 euros par jour. En hiver, le repère cité est d’environ 200 euros par jour pour un camping-car.
Avant de comparer les prix, vérifiez la franchise, les assurances incluses ou exclues, le kilométrage, le chauffage, le linge, la vaisselle, la capacité en eau et les éventuels frais de conducteur supplémentaire. Si vous louez hors d’Islande et envisagez ensuite de prendre le ferry, l’autorisation de sortie du territoire doit apparaître clairement dans le contrat.
Choisir un véhicule en fonction des routes, pas seulement du confort
| Solution | Atout principal | Limite à anticiper | Profil adapté |
|---|---|---|---|
| Camping-car classique | Vrai espace de vie, couchages et cuisine | Gabarit moins à l’aise sur piste ou route étroite | Famille, séjour confortable sur la Route 1 |
| Van aménagé | Plus maniable et plus simple à garer | Rangements et espace intérieur réduits | Couple ou petit groupe itinérant |
| Van 4×4 aménagé | Garde au sol et motricité pour certains axes autorisés | Plus cher, conditions de location à contrôler | Voyageurs visant les hautes terres |
| Voiture avec hébergements | Souplesse de conduite et choix d’hôtels | Moins d’autonomie, réservations nécessaires | Séjour court ou hiver |
Un camping-car classique suffit pour suivre la Route 1, découvrir le Cercle d’Or, la côte sud, Jökulsárlón, Mývatn ou Akureyri. Il devient moins adapté lorsque l’itinéraire comprend des routes très dégradées, des passages étroits ou des traversées de rivières. Les F-Roads nécessitent un 4×4 autorisé. Le hors-piste reste interdit, quel que soit le véhicule.
Penser au véhicule comme à un radeau autonome
Dans les zones isolées, le véhicule ne sert pas uniquement à se déplacer. Il assure la chaleur, l’eau, les repas et l’énergie entre deux villages. Une grande cellule confortable, mais lourde et gourmande, impose davantage d’arrêts à la station-service et limite les manœuvres. Un van compact demande une organisation plus rigoureuse, mais facilite les demi-tours, le stationnement et la circulation sur les routes gravillonnées.
Avant de signer, contrôlez le chauffage, l’isolation, les couchages utilisables, le volume d’eau propre et la solution prévue pour les eaux usées. Ces équipements influencent directement le confort et l’autonomie du voyage, surtout lorsque les étapes sont espacées.
Conduire en Islande : anticiper plutôt que subir la météo
Les routes islandaises alternent asphalte, gravier et pistes. La vitesse maximale indiquée est de 90 km/h sur route asphaltée et de 80 km/h hors agglomération ou sur gravier. En ville, la limitation peut être de 30 ou 50 km/h selon les zones. Dans un véhicule haut et chargé, ces plafonds ne sont pas un objectif. Le vent latéral, les moutons, les nids-de-poule et les projections de gravier imposent souvent de ralentir nettement.
- Allumez les feux de croisement toute l’année.
- Respectez une alcoolémie maximale de 0,5 g/l.
- Ne quittez jamais les pistes et routes autorisées : le hors-piste est interdit.
- Consultez la météo et l’état des routes avant chaque départ, notamment après une tempête ou en cas de fermeture.
- Du 1er novembre au 15 avril, les pneus hiver sont obligatoires. La profondeur minimale des sculptures indiquée est de 3 mm.
Sur une route gravillonnée, réduisez progressivement l’allure avant un virage et augmentez les distances de sécurité. Les projections peuvent endommager le pare-brise et l’adhérence peut diminuer rapidement. Les traversées de rivières ne s’improvisent pas. Si le contrat exclut une piste, si la route est fermée ou si le niveau d’eau paraît incertain, renoncez.
Dormir légalement et gérer l’autonomie chaque soir
Le camping sauvage est interdit en Islande. Pour passer la nuit, choisissez un camping, une aire autorisée ou une propriété privée avec l’accord du propriétaire. Des applications comme Park4night et Campercontact peuvent aider à repérer des emplacements, mais elles ne remplacent ni la signalisation locale ni les règles du site. Pour rechercher les campings, tjalda.is est également utile.
Les campings facilitent l’accès aux toilettes, aux douches, à l’électricité et, selon les sites, aux points de remplissage ou de vidange. La facturation se fait souvent par personne, avec des suppléments possibles pour l’électricité, la douche ou le véhicule. La Camping Card peut devenir intéressante à partir de six nuits d’après un retour d’expérience. Son intérêt dépend toutefois des campings affiliés présents sur votre trajet. Elle couvre jusqu’à deux adultes et quatre enfants de moins de 16 ans selon les conditions évoquées. Vérifiez les modalités et les exclusions avant l’achat.
La routine qui évite les mauvaises surprises
Chaque fin d’après-midi, faites le plein d’eau si le camping le permet, videz les eaux usées uniquement dans les installations prévues et rechargez les appareils si nécessaire. Préparez aussi le ravitaillement du lendemain. Dans les régions peu habitées, ne descendez pas sous un niveau de carburant rassurant. Les stations en libre-service sont pratiques, mais plus espacées qu’en France.
À titre de repère, 30 litres de carburant peuvent représenter environ 7 000 couronnes, contre environ 9 000 couronnes pour 40 litres. Ces montants s’ajoutent aux frais de location ou de ferry, aux nuits en camping et aux éventuels suppléments d’électricité ou de douche.
Construire un itinéraire réaliste selon le temps disponible
En une semaine, évitez de vouloir boucler l’île. Concentrez-vous sur Reykjavik, le Cercle d’Or et la côte sud jusqu’à la zone de Vatnajökull ou de Jökulsárlón. Prévoyez si possible deux nuits dans les secteurs qui vous intéressent. Le paysage islandais se découvre aussi à pied. Des marges dans le programme permettent de s’arrêter devant une cascade, une plage de sable noir ou un sentier sans devoir reprendre la route tard.
Avec deux semaines, la Route 1 devient un projet raisonnable. La côte sud, la lagune glaciaire, les fjords de l’Est, Mývatn, Húsavík, Akureyri et l’ouest de l’île peuvent s’enchaîner sans transformer chaque étape en course. Gardez toutefois des journées tampons. Un retour d’expérience mentionne 3 000 km en 10 jours et estime qu’un camping-car demande 20 à 30 % de temps supplémentaire.
Au-delà de deux semaines, vous pouvez ajouter la péninsule de Snæfellsnes, les fjords de l’Ouest ou certaines hautes terres, uniquement si le véhicule, la saison et l’état des pistes le permettent. Le tunnel de Vaðlaheiði, près d’Akureyri, est payant : 1 500 couronnes sous 3,5 tonnes et 2 500 couronnes au-dessus. Le paiement doit être effectué avant le passage ou dans les trois heures. Un retard entraîne une majoration de 1 000 couronnes.
Cette préparation laisse ensuite de la place aux imprévus. En Islande, un itinéraire réussi n’est pas celui qui additionne le plus d’étapes, mais celui qui tient compte du véhicule, de la météo et du temps réellement disponible.
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