Voyage Islande Toussaint : météo, routes et itinéraire sans mauvaise surprise
Partir en Islande à la Toussaint, c’est accepter un entre-deux très particulier : les paysages prennent déjà une allure hivernale, mais le pays n’est pas encore plongé dans les longues nuits de décembre. Pour un road trip, cette période peut être magnifique, à condition de construire un itinéraire réaliste, de surveiller la météo et de ne pas imaginer l’île comme une destination d’automne classique.
Fin octobre et début novembre, les cascades, plages noires, glaciers et sources chaudes restent accessibles dans de nombreuses régions. En revanche, le vent, la pluie, les premières neiges et la durée du jour imposent un rythme plus lent. Le bon voyage n’est donc pas celui qui coche le plus d’étapes, mais celui qui garde assez de marge pour profiter sans courir.
Ce qui change vraiment à la Toussaint en Islande
Une lumière courte, mais très photogénique
À la Toussaint, les journées sont plus courtes qu’en été, avec une lumière souvent basse, douce et spectaculaire. C’est un vrai avantage pour les photos : les cascades, les champs de lave et les glaciers prennent des reliefs plus marqués, sans attendre tard le soir. En contrepartie, les visites doivent être regroupées dans les heures utiles de la journée. Prévoir une longue étape de route après 17 h peut vite devenir fatigant, surtout si la pluie ou le brouillard s’invitent.
Le bon réflexe consiste à placer les sites les plus importants en milieu de journée, puis à garder les bains chauds, les hébergements avec restaurant ou les courtes balades faciles pour la fin d’après-midi. Cette organisation évite de découvrir les plus beaux paysages dans la pénombre, simplement parce que le programme était trop chargé.
Une météo instable à prendre au sérieux
La Toussaint islandaise peut offrir une matinée calme, une averse horizontale deux heures plus tard, puis une éclaircie magnifique sur un glacier. Le froid n’est pas toujours extrême, mais l’humidité et le vent changent complètement la sensation sur place. Une veste imperméable sérieuse, des chaussures de randonnée étanches, des couches thermiques et des gants ne sont pas des options de confort : ce sont les éléments qui permettent de rester dehors assez longtemps pour profiter.
Avant chaque trajet, il faut consulter les prévisions sur vedur.is et l’état des routes sur road.is. Ce geste quotidien est particulièrement important à cette saison, car une portion exposée au vent ou à la neige peut modifier le programme. En Islande, l’itinéraire se pilote presque comme un carnet de bord : on prévoit, on vérifie, puis on ajuste.
Quel itinéraire choisir pour un voyage en Islande à la Toussaint ?
5 à 6 jours : viser le sud plutôt que toute la route circulaire
Pour un premier séjour court, le sud de l’Islande est le choix le plus cohérent. Depuis Reykjavik, on peut rejoindre le Cercle d’Or, les cascades de Seljalandsfoss et Skógafoss, la plage noire de Reynisfjara, puis pousser vers Skaftafell ou la lagune glaciaire de Jökulsárlón si les conditions sont bonnes. Cet itinéraire concentre beaucoup de paysages marquants sans multiplier les longues journées au volant.
L’erreur fréquente consiste à vouloir faire le tour complet de l’île en moins d’une semaine. Sur une carte, la route circulaire semble simple ; en réalité, les distances, les arrêts photo, la météo et la nuit qui tombe tôt changent tout. À la Toussaint, mieux vaut revenir d’un secteur bien exploré que garder le souvenir d’un voyage passé derrière un pare-brise.
7 à 10 jours : une route circulaire possible, mais avec marges
Avec une semaine complète ou davantage, la route circulaire devient envisageable, à condition de ne pas empiler les détours. Il faut prévoir des étapes équilibrées, éviter les journées de conduite trop longues et accepter qu’une région puisse être simplifiée si les conditions se dégradent. Le nord, autour d’Akureyri et du lac Mývatn, peut déjà présenter une ambiance plus hivernale que le sud.
Un road trip réussi à cette période repose sur une règle simple : garder de la marge. Tant que chaque journée dépend d’un seul passage, d’une seule route ou d’un horaire serré, tout le voyage devient fragile. En ajoutant une nuit tampon, une alternative plus courte ou un hébergement placé avant une zone exposée, on évite de bloquer tout l’itinéraire au premier imprévu. Ce n’est pas moins ambitieux ; c’est plus raisonnable, car l’Islande récompense souvent ceux qui savent attendre une éclaircie.
| Durée sur place | Itinéraire conseillé | À éviter |
|---|---|---|
| 4 à 5 jours | Reykjavik, Cercle d’Or, côte sud jusqu’à Vík | Vouloir atteindre Jökulsárlón coûte que coûte |
| 6 à 7 jours | Côte sud jusqu’à Skaftafell ou Jökulsárlón selon météo | Ajouter trop de détours secondaires |
| 8 à 10 jours | Route circulaire avec étapes souples | Réserver des trajets trop longs chaque jour |
Voiture, 4×4 et conduite : le bon niveau de prudence
Une voiture suffit parfois, mais pas pour tous les projets
Pour un parcours classique entre Reykjavik, le Cercle d’Or et la côte sud, une voiture de location bien équipée peut suffire si les routes principales sont dégagées. En revanche, un 4×4 apporte davantage de confort et de sérénité dès que l’on envisage le nord, l’est, des hébergements isolés ou des routes secondaires. Il ne rend pas invincible, mais il offre une meilleure garde au sol et une conduite plus rassurante sur chaussée humide, froide ou légèrement enneigée.
Les routes F des Hautes Terres ne doivent pas être intégrées à un voyage de Toussaint : elles sont généralement hors saison et les conditions peuvent être incompatibles avec un road trip classique. Si l’objectif est de découvrir Landmannalaugar ou l’intérieur du pays, il faut plutôt prévoir un voyage estival ou passer par des excursions encadrées lorsque c’est possible.
Assurances et conduite au vent
Le vent islandais mérite une attention particulière, même sur un parking. Il peut surprendre à l’ouverture des portières, déstabiliser la voiture sur une portion dégagée ou rendre une route côtière plus fatigante. Avant de signer un contrat de location, il est utile de lire précisément les exclusions : bas de caisse, gravier, sable, cendres, pneus et portières ne sont pas toujours couverts de la même manière.
Sur la route, la prudence est simple : réduire la vitesse, garder les phares allumés, ne pas s’arrêter n’importe où pour une photo et respecter les fermetures. Une route fermée n’est pas une suggestion locale, c’est une limite à ne pas franchir. Pour un voyage en Islande à la Toussaint, cette discipline fait partie de l’expérience autant que les paysages.
Budget, hébergements et rythme de voyage
Des prix parfois plus doux, mais des services moins nombreux
La Toussaint se situe hors très haute saison estivale, ce qui peut rendre certains hébergements ou véhicules plus abordables. Cela ne signifie pas que l’Islande devient une destination bon marché. Le carburant, les repas, les activités guidées et les assurances pèsent vite dans le budget, surtout pour une famille pendant les vacances scolaires françaises.
Il faut aussi tenir compte d’un point pratique : certains établissements réduisent leurs horaires ou ferment en basse saison. Dans les zones rurales, réserver un hébergement avec cuisine ou vérifier les possibilités de dîner à proximité évite les mauvaises surprises. Un supermarché fermé, un restaurant complet ou une arrivée tardive peuvent compliquer une journée déjà longue.
Où dormir pour limiter la fatigue
À cette période, mieux vaut choisir des étapes proches des sites visités plutôt que de rayonner trop loin depuis une seule base. Dormir vers Hella, Vík, Kirkjubæjarklaustur ou Höfn permet par exemple de découper la côte sud en séquences plus digestes. Pour la route circulaire, la même logique s’applique : chaque nuit doit réduire le stress du lendemain, pas seulement optimiser le prix.
Les sources chaudes sont aussi de précieux repères dans l’itinéraire. Un bain en fin de journée, qu’il s’agisse d’un lagon aménagé ou d’une piscine locale, permet de profiter du voyage même quand la météo a raccourci une randonnée. C’est souvent ce mélange entre paysages bruts et pauses chaudes qui rend l’Islande si agréable en automne avancé.
Les expériences à privilégier à la Toussaint
Cascades, plages noires et glaciers
Les grands classiques restent de très bons choix à la Toussaint. Les cascades sont puissantes, les plages noires ont une atmosphère intense et les langues glaciaires deviennent particulièrement impressionnantes sous un ciel chargé. À Reynisfjara, il faut toutefois respecter strictement les consignes : les vagues peuvent être dangereuses et imprévisibles. On admire la plage à distance, sans tourner le dos à l’océan.
Pour les glaciers, les sorties encadrées sont préférables si l’on veut marcher sur la glace ou visiter une grotte. Les conditions évoluent vite, et l’équipement spécialisé n’est pas un détail. En revanche, les points de vue accessibles autour de Skaftafell, Sólheimajökull ou Jökulsárlón offrent déjà une expérience forte sans forcément engager une activité technique.
Aurores boréales : possible, jamais garanti
La Toussaint marque une période où la nuit est suffisante pour espérer voir des aurores boréales. Il faut cependant réunir plusieurs conditions : activité solaire, ciel dégagé et faible pollution lumineuse. Le plus raisonnable est de considérer les aurores comme une chance supplémentaire, pas comme l’unique but du voyage.
Pour augmenter ses chances, il vaut mieux dormir au moins quelques nuits hors de Reykjavik, surveiller les prévisions d’aurores et rester flexible. Une simple éclaircie au-dessus d’un hébergement rural peut parfois offrir un meilleur souvenir qu’une longue chasse organisée dans le froid. Là encore, la clé est de ne pas surprogrammer les soirées.
Un voyage en Islande à la Toussaint convient donc très bien aux voyageurs qui aiment les ambiances sauvages, les itinéraires adaptables et les paysages puissants. En préparant une boucle raisonnable, en choisissant le bon véhicule et en laissant de la place aux imprévus, cette période peut offrir l’un des visages les plus intenses de l’île.




