Le road trip en Islande, étape par étape.
Road trip : généralités & inspiration

Camping en Islande : camping sauvage interdit, météo rude, budget sous contrôle

Sophie Guérin 8 min de lecture
Faire du camping en islande : tente fermée contre le vent, camping officiel

Faire du camping en Islande permet de voyager au plus près des paysages tout en gardant un budget plus léger que l’hôtel. Mais l’expérience ne s’improvise pas, car le camping sauvage est interdit ou très encadré, la météo change vite et l’équipement doit tenir face au vent, à la pluie et au froid.

Camper légalement : la règle à comprendre avant de partir

En Islande, on ne plante pas sa tente n’importe où et l’on ne dort pas librement dans son van au bord d’une piste. Le principe est simple : il faut utiliser les terrains de camping officiels, les zones désignées ou obtenir l’autorisation explicite du propriétaire si vous êtes sur un terrain privé. Les zones protégées, les parcs nationaux et les sites naturels sensibles appliquent des règles renforcées.

Faire du camping en Islande : comparatif visuel entre tente, tente de toit, van aménagé et camping-car
Faire du camping en Islande : comparatif visuel entre tente, tente de toit, van aménagé et camping-car

Cette réglementation protège des sols très fragiles, parfois composés de mousse volcanique qui met des années à se régénérer. Rouler hors piste, s’installer sur une zone non prévue ou laisser des déchets peut entraîner des sanctions. Pour voyager sereinement, il vaut mieux intégrer les campings à votre itinéraire dès le départ plutôt que chercher un emplacement au dernier moment.

Camping sauvage : les cas limites qui piègent les voyageurs

Le malentendu vient souvent du mot « sauvage ». Beaucoup imaginent qu’un pays aussi vaste autorise naturellement le bivouac isolé. En pratique, dormir dans une voiture, un van aménagé, une tente de toit ou un camping-car est soumis aux mêmes contraintes : il faut se stationner pour la nuit dans un lieu autorisé. Même si l’endroit semble désert, il peut appartenir à un propriétaire privé ou se trouver dans une zone protégée.

Pour vérifier, utilisez les cartes de campings, l’application Parka lorsque le terrain y est référencé, et les informations locales affichées sur les parkings ou près des sites touristiques. En cas de doute, choisissez un camping officiel : l’Islande en compte plus de 200, souvent situés près de la Route 1, des villages et des grands points d’étape.

Tente, tente de toit, van ou camping-car : choisir selon votre vrai niveau de confort

Le meilleur mode de camping dépend moins d’une tendance que de votre tolérance au froid, au vent, à l’humidité et à la promiscuité. La tente classique reste économique et immersive, mais elle exige un bon matériel. Le van aménagé apporte un abri plus stable et plus pratique pour cuisiner. La tente de toit séduit par sa rapidité d’installation, mais reste exposée au vent. Le camping-car offre davantage de confort, au prix d’un budget plus élevé et d’une conduite moins souple sur certaines routes.

Faire du camping en Islande dans une tente résistante au vent face aux paysages volcaniques
Faire du camping en Islande dans une tente résistante au vent face aux paysages volcaniques
Option Pour qui ? Points forts Contraintes
Tente Voyageurs équipés, randonneurs, petits budgets Coût bas, immersion, transport facile Vent, froid nocturne, montage sous la pluie
Tente de toit Couples ou amis en autotour Installation rapide, couchage hors sol Exposition au vent, accès par échelle
Van aménagé Voyageurs cherchant liberté et abri Cuisine simple, rangement, protection météo Espace réduit, condensation, coût de location
Camping-car Familles, voyageurs confort, longs séjours Chauffage, couchage fixe, autonomie Prix, stationnement, prudence sur routes exposées

Avant de louer, regardez votre itinéraire à la loupe. Un camping situé à 12 kilomètres de votre route peut sembler proche sur la carte, mais après une journée de pluie, de vent latéral et de piste lente, ce détour devient pesant. À l’inverse, payer un véhicule plus confortable peut éviter de multiplier les pauses, de cuisiner dehors dans le froid ou de chercher un abri pour réorganiser ses sacs. Le bon choix n’est donc pas seulement financier. Il dépend de la fatigue accumulée, du temps de montage, du séchage des vêtements et de votre capacité à rester lucide quand la météo se dégrade.

Budget et Camping Card : ce que coûte vraiment une nuit

Le camping reste l’une des solutions les plus économiques pour dormir en Islande. Les tarifs courants se situent souvent entre 1000 et 3000 ISK par nuit et par personne, soit environ 8 à 20 euros. Certaines estimations tournent aussi autour de 10 à 15 euros par personne selon les terrains. À comparer avec une nuit en hôtel ou guesthouse, qui peut vite dépasser une centaine d’euros, surtout en haute saison.

Carte du camping Þakgil près de Vík

Attention toutefois aux suppléments : douche chaude, électricité, lave-linge ou services spécifiques peuvent être facturés à part. Certains campings demandent par exemple un paiement additionnel pour l’eau chaude, parfois autour de 500 ISK. Le prix affiché ne reflète donc pas toujours le coût total si vous avez besoin d’une borne électrique, d’une cuisine équipée ou de plusieurs douches.

La Iceland Camping Card est-elle rentable ?

La Iceland Camping Card donne accès à une sélection de campings participants pendant 28 nuits maximum, pour 2 adultes et 4 enfants de moins de 16 ans. Son prix est généralement mentionné autour de 149 à 179 euros selon les informations de vente disponibles. Elle devient intéressante si vous voyagez plusieurs nuits, surtout en couple ou en famille, et si votre itinéraire passe réellement par les campings partenaires.

Avant de l’acheter, comparez votre parcours avec la liste des terrains inclus. Si vous prévoyez seulement quatre ou cinq nuits de camping, ou si vous visez des zones très spécifiques non couvertes, le paiement nuit par nuit peut suffire. En revanche, pour un autotour de deux semaines autour de la Route 1, la carte peut simplifier le budget et limiter les décisions au jour le jour.

Météo, saison et réservations : le trio qui décide du confort

La meilleure période pour camper en Islande s’étend généralement de mi-mai à mi-septembre, avec un cœur de saison plus confortable de début juin à fin août. Beaucoup de campings ouvrent fréquemment du 1er juin au 31 août, certains sur une période plus longue comme du 15 mai au 15 septembre. Hors saison, l’offre se réduit fortement et les infrastructures peuvent être fermées.

Le climat impose de rester flexible. Les températures nocturnes peuvent descendre autour de 5°C, voire 0°C selon la période et la région. Le vent et la pluie comptent autant que le froid. Une nuit à 5°C dans une tente humide et secouée par les rafales sera bien plus éprouvante qu’une nuit sèche et calme. Avant chaque étape, consultez les prévisions météo et l’état des routes, notamment si vous approchez des hautes terres ou de pistes intérieures.

Faut-il réserver ses campings à l’avance ?

En haute saison, réserver à l’avance est recommandé dans les zones très fréquentées : côte sud, Cercle d’or, environs de Vík, Jökulsárlón, Myvatn ou Snaefellsnes. Certains campings fonctionnent encore au principe du premier arrivé, premier servi, mais arriver tard avec une famille, un grand véhicule ou un besoin d’électricité augmente le risque de stress.

Une bonne stratégie consiste à réserver les étapes clés, puis à garder un peu de souplesse sur les nuits intermédiaires. Cela permet d’adapter l’itinéraire si une route ferme, si la météo rend une randonnée peu agréable ou si vous souhaitez rester plus longtemps dans une région. L’application Parka peut aussi faciliter le paiement ou la réservation lorsque le terrain l’utilise.

Équipement et zones où dormir : préparer un camping robuste, pas héroïque

Un séjour réussi repose sur un équipement adapté aux conditions islandaises. Pour la tente, visez un modèle 3 saisons solide, capable de résister à de fortes rafales, avec une résistance au vent autour de 50 km/h comme bon repère. Ajoutez des sardines efficaces, des haubans bien tendus et une empreinte de sol pour limiter l’humidité.

  • Sac de couchage : choisissez une température de confort adaptée, souvent autour de -5 à -10°C pour garder une marge.
  • Matelas isolant : privilégiez une valeur R d’au moins 5 pour couper le froid venant du sol.
  • Vêtements : superposez une couche thermique, une couche chaude et une veste imperméable coupe-vent.
  • Cuisine : prévoyez un réchaud à gaz, mais utilisez-le dans un endroit sûr et ventilé, jamais dans une tente fermée.
  • Organisation : sacs étanches, lampe frontale, batterie externe et vêtements de rechange secs changent vraiment l’expérience.

Où trouver de bons campings en Islande ?

Les campings sont nombreux le long de la Route 1, ce qui facilite les autotours classiques. Reykjavik, Vík, Myvatn, Husavík, Hellissandur ou les environs de Jökulsárlón constituent des points d’étape pratiques. Certains sites sont appréciés pour leur cadre, comme Thakgil, situé à 21 km depuis Vík, ou Svinafell, près du Vatnajokull, où l’on trouve aussi des solutions plus abritées comme des cabanes chauffées. À Svinafell, il existe aussi six cabanes chauffées, avec jusqu’à quatre personnes par cabane et des dortoirs pour trois personnes.

Dans les hautes terres, vers Landmannalaugar, Askja, Kerlingarfjöll ou Laki, la planification doit être plus prudente : accès saisonnier, météo changeante, routes F parfois réservées aux 4×4 et services plus limités. Dans les parcs nationaux ou près de sites comme Thingvellir, Vatnajokull ou Snaefellsjokull, respectez strictement les zones désignées.

Enfin, appliquez les principes du Leave No Trace : ne laissez aucun déchet, ne déplacez pas les pierres, ne roulez jamais hors piste, n’abîmez pas la mousse et utilisez les sanitaires des campings. Camper en Islande, ce n’est pas chercher à dominer une nature rude. C’est apprendre à s’y faire discret, bien équipé et suffisamment flexible pour profiter du voyage sans l’abîmer.

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